La fin des Mousquetaires noirs

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D’un commun accord, nous avons cessé cette campagne suite à des divergences sur nos attentes respectives en ce qui concernait la dose d’historicité, de surnaturel et de cape et d’épée.

Les deux saisons jouées furent cependant de très belle saisons, avec des moments très forts, des moments de pur génie, des moments très beau. C’est donc à regret que nous clôturons cette histoire, mais c’est pour mieux repartir dans d’autres aventures, avec un contrat social plus clair.

Pour le Roy !

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Roland de Roncevaux

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1315762-Mort_de_Roland-Route-CharlemagneRoland de Roncevaux est un preux chevalier né en 736 et officiellement mort en 778 à Roncevaux. Il est présumé mort de la Vraie Mort au XIIIe siècle.

Une rumeur dit qu’il serait en fait devenu un vampire, l’infant d’Alexandre, ancien Prince vampire de Paris, et qu’il aurait participé aux croisades contre les infidèles et les Dragons aux côtés de Templiers, marchant comme eux dans la lueur du soleil.

Il reposerait dans un caveau connu des Templiers ou de la Multitude.

Des Fae

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Fae Sir_Joseph_Noel_Paton_-_The_Quarrel_of_Oberon_and_Titania_-_Google_Art_Project_2Le royaume des Faes se situe dans l’Autre monde, l’Arcadie, un lieu où rien n’est ce qu’il semble et où les rêves et les peurs prennent forme, où l’on est face à ses faiblesses. On pénètre dans ce lieu par le Chemin des haies, la Passe ténébreuse ou Bois des songes (souvent, se chemin s’ouvre sous les ponts, dans les trous des haies ou des arbres).

Si l’on fait face aux Fae qui incarnent nos faiblesses, ne le stuant par exemple, on peut s’en faire des alliés.

Ce royaume possède une Cour des Ombres et de l’Hiver dirigée par le Fou, Cérridwen, fils de Luna, maître des peurs et des désirs.

Parmi les Faes de la Cour des Ombres, l’on trouve les Changeurs, les Leprechauns, les Ogres, les Elfes noirs.

Ces créatures sont vulnérables au vif-argent.

Mythologie et cosmogonie des Fae

Au début était la force destructrice d’Oblivion contre laquelle luttait le Célestis. Puis apparue Gaïa. Et ses premiers-nés, sortent de Titans, furent les Maîtres (du monde). Ceux-ci créèrent les Dragons pour les servir, mais les dragons finirent par se rebeller et se retourner contre leurs maitres.

Hélios et Luna (des Titans ?) eurent un fils : Prométhée.

Luna créa ou ordonna aux créatures non touchés par l’Oblivion : les Changeurs, les Fae, et accorda les dons que sont le savoir et la Magie.

Hélios accorda le don de la Kabale.

Une interprétation chrétienne de ce myhte est d’établir un parallèle entre l’Oblivion et le Néant, entre la trinité Gaïa-Hélios-Prométhée et la Sainte Trinité, entre Luna et la Vierge Marie et entre le Célestis/Gaïa et le Saint Esprit. Toute la création serait bien évidement l’oeuvre de Hélios/Dieu.

L’Ordre de la Multitude de Capela

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MultitudeIl s’agit d’un ordre œcuménique siégeant à Wielstadt.
Ardicino entretien une relation épistolaire avec cet ordre, mais n’a pas révélé son affliction. Par eux, il a appris l’existence d’un état de béatitude, le golconda, qui lui permettrait de récupérer son âme.

Membre connu de la Multidude
Le chevalier teutonique de Gantz.

Des dragons

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dragJonston2GSelon les Changeurs, les dragons ont été créés il y a bien longtemps par les Maîtres (dot Ashoga fait parti), des sortes de Titans nés de Gaïa, et ce sont rebellés contre eux. Selon la parole de l’archange Gabriel, ils font partie de la Création, et à ce titre doivent être aimés et guidés.

Ces créatures peuvent se métamorphoser en homme. Mais la dégénérescence de leur lignée peut le leur interdire.

Ils ont été pourchassés par les Templiers, les Teutoniques, les Sœurs de Saint Loup, lors de croisades. Depuis ces croisades, les dragons détestent le Célestis qui leur fit tant de mal.

La draconite est l’un des moyens les plus efficaces pour tuer les dragons.

Dragons connus
Le mage Nicolas, le dragon femelle Achéron de Wielstadt, les dragons qui dirigent les Habsbourg d’Espagne.

La Bastille

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LeBastilleConstruite pendnat la Guerre de cent ans, la Bastille assurait à l’origine la protection de la Porte de Saint Antoine, entrée Est de la ville de Paris. Sous Louis XIII, la forteresse devint le lieu de confinement des prisonniers de haut rang.

Ses huit tours sont reliées par des remparts de 25 mètres de haut, le tout dressé sur une impressionante motte castrale.

Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 3

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La défaite du démon Ashoga

EvangilePereEn vérité, je vous le dis, le Malin est apparu en Terre de France au prophète Guillaume sous les traits du démon Ashoga. Et Ashoga a possédé un serviteur de l’Église et manipulé son troupeau. Et Ashoga a trompé le Prophète et ses Compagnons. Et Ashoga a tenté le Prophète et ses Compagnons.

Car Ashoga voulait détruire la Création. Mais ce n’était pas le jour du Jugement dernier.

Et le Prophète et ses Compagnons ont révélé Ashoga et confronté le démon dans le sanctuaire qu’il avait désacralisé.

Votre Témoin en a appelé à sa Foi toute entière, et Ashoga a reculé. Le prophète Guillaume a parlé la langue des Anges, le Célestis, et invoqué le Saint-Esprit, et Ashoga a reculé plus encore.

L’aura glorieuse du Saint-Esprit s’est répandue en une lumière d’or, effaçant la lumière d’argent de la Foi de votre Témoin. Nul n’a besoin de Croire en présence du Divin. L’on Sait.

Le démon repoussa en premier le Prophète qu’il craignait et tenta votre Témoin, mais la Compagne Diane le délivra de cette tentation par la raison.

Et le Prophète et ses Compagnons ont affronté l’Épreuve du feu. Par trois fois, un pilier de flammes infernales accabla et le prophète Guillaume, et votre Témoin, et le Compagnon François-Éleuthère.

Votre Témoin s’est avancé vers le serviteur de l’Église possédé par le démon, et par trois fois il fut englouti dans un pilier de flammes démoniaques. Et il souffrit dans les flammes de l’Enfer, mais par trois fois il en ressorti, s’approchant du possédé.

Puis le Compagnon François-Éleuthère cloua de sa flamberge le possédé à la grande croix de l’église, et alors qu’il se débattait, votre Témoin réalisa un exorcisme pour le libérer du démon et sauver son âme. Libérée, l’âme en peine du serviteur de l’Église fut accueillie par le Compagnon François-Alexandre et sa sagesse des arts nécromantiques.

Puis, confiant la protection de leur dos à un Mage, le prophète et ses Compagnons s’enfoncèrent dans les entrailles de la terre, où les reliques impies d’Ashoga tentèrent à nouveau le Prophète et ses Compagnons. Le Compagnon François-Éleuthère céda la première fois à l’attrait de l’armure d’Ashoga, s’en revêtit et fut possédé mais avec l’aide de Dieu et de sa volonté, il comprit son pêché d’impulsivité et parvint à rejeter le démon et son armure.

La seconde fois, le trône d’Ashoga tenta par des promesses de savoirs immenses la Compagne Diane, mais celle-ci fut bien trop sage pour céder au démon.

La troisième fois, l’épée de puissance d’Ashoga tenta par la promesse d’une magie incommensurable le Compagnon François-Alexandre, Et François-Alexandre céda et commis pêché de cupidité. Et François-Alexandre se liquéfia. [que s’est-il passé ?]. Et le Compagnon émergea, incarné dans un autre peuple du Seigneur, un dragon.

Enfin, par le triple rituel de l’arbre féérique planté dans les restes du démon, de la cérémonie païenne et de la consécration de l’église qui le surmonte, le démon Ashoga fut rejeté dans les Limbes pour les siècles des siècles.

Amen.

-Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 3

Arnaud de Laincourt

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Arnaud de LaincourtLe chevalier Arnaud de Laincourt est mousquetaire noir et templier.

Il manie avec brio une épée en ivoire de dragon, qui se trouve aussi être un focus magique.

Il a été identifié par les vampires de Paris comme la menace la plus sérieuse à résider sur place.

Témoignages secrets ou avoués

Un chevalier sans le sou, amoureux de sa propre légende, il aime à se voir reconnaître dans la rue et porte une lame faite dans une dent de dragon. C’est un homme paradoxalement discret que j’ai du mal encore à cerner. Cependant, je ne saurai trop lui conseiller de trouver une marraine, car s’il n’y prend garde, avec sa stature fluette et ses vêtements élimés, c’est bien sa rapière qui pourrait lui voler la vedette.

–Diane, Esther, de Bézun

Les Templiers

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Sceau des Templiers
L’Ordre des chevaliers du Temple fut fondé en 1129 pour protéger les pèlerins se rendant en Terre sainte, puis pour protéger les Royaumes latins d’Orient. A la chute de Saint-Jean-d’Acre, les Templiers durent quitter la Terre sainte et retourner à Chypre et en Europe. Ils ramenèrent alors les Mystères de Jérusalem (les Clefs de Saint Pierre ? le Verbe de Dieu ?).

Ces Mystères sont peut-être à l’origine de la capacité du vampire Roland de Roncevaux à fouler la terre du Seigneur en plein jour lorsqu’il accompagnait les Templiers lors des croisades.
Plus tard, il semble que les chevaliers du Temple furent infiltrés par le démon Baphomet, et en 1312 l’Ordre fut dissous après un procès en hérésie.

L’engagement des Templiers rescapés dans la guerre contre les protestants fut récompensé par le Pape qui réhabilité l’Ordre en 1508.

Templiers connus:
Arnaud de Laincourt (descendant de Templiers et Templier lui-même).

Extraits n°11 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Etienne, son époux décédé.

Saint-Jean-lévangéliste

Extraits 10 – Livre 2, chapitre 9 : Nécrovèque versus Néo-Prophète.

[Spin-off voix off]
Le rayon de lune pose délicatement ses doigts argentés sur les deux femmes entrelacées. Sous le tendre sourire lunaire, la moiteur de leurs corps nus se mue en milliers d’éclats de diamants. Abandonnées dans les bras de Morphée, elles gardent une virginale aura d’innocence et de troublante beauté.
La jeune femme à la sombre crinière de nuit ouvre les yeux et, avec une infinie douceur, s’extirpe des bras de sa compagne aux cheveux chamarrés d’or solaire. Elle tire tendrement le duvet par-dessus celle-ci, un bref instant regarde, soucieuse, le sommeil de la belle endormie puis enfile prestement une robe sépia de simple velours. Elle saisit un chandelier et l’allume au foyer encore chaud. A pas de souris, elle fouille le cabinet un peu rustique sis près d’une fenêtre et se saisit délicatement d’un coffret d’acier. Extirpant une épingle à cheveux cachée dans sa robe, elle s’apprête à crocheter la serrure du coffret, mais se ravise au dernier moment. La mince brune sourit, puis, toujours aussi silencieuse, se redirige vers le lit ou elle se saisit d’un camée laissée sur la table de nuit, et en extirpe une petite clé.

CourbetSommeilLe sommeil de Courbet

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Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 2

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alfred_weberEn vérité, je vous le dis, le Prophète Guillaume a affronté une première épreuve. Injustement maudit par le Roi des Faes de la Cour sombre pour avoir fait appel au Don divin, les nuits lui sont volées, affaiblissant son corps mais ni son esprit ni son âme.

Et malgré ce fardeau injuste, il a sacrifié plus encore son corps en imposant ses mains sur un garou dans le besoin au service d’une Sainte œuvre et luttant contre la Malin.

Et par humilité, il a refusé une première fois l’aide de ses Compagnons pour sauver son corps. Et par péché d’orgueil, car le Prophète n’est qu’un Homme, il a refusé une seconde fois l’aide de ses Compagnons. Mais par raison, il a accepté la troisième fois l’aide de ses Compagnons.

En vérité, je vous le dis, le Prophète Guillaume a communié. Ce fut sa Première communion depuis la Sainte Révélation. Prenant place dans la marque du roi Salomon, l’évêque Alexandre de notre Sainte Église a accompli la transsubstantiation sous une seule espèce, changeant le vin en sanguinem vitae en puisant dans le don offert en sacrifice de la Compagne Diane et des Compagnons Arnaud et Mattéo.

En vérité, je vous le dis, le Christ donne, le Prophète Guillaume a reçu et les effets mortifères de l’injuste malédiction ont été repoussés.

Amen.

~Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 2.

Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 1

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EvangileEn vérité, je vous le dis, Notre Seigneur Tout Puissant a une nouvelle fois choisi un Homme en ce mois de mai de l’an de grâce 1633 pour nous Transmettre Sa bonne parole. Le Prophète Guillaume a reçut le Célestis en Don divin par l’entremise de l’Esprit Saint.

En vérité, je vous le dis, Notre Seigneur Jésus Christ, et la vierge Marie Sa sainte Mère, lui sont apparus et lui ont transmis pour nous les Hommes un Premier commandement :

–La Terre, les Cieux, les Eaux, et tout ce qui les peuple, plantes, bêtes, Faes, Dragons, Magiciens, Hommes et bien d’autres encore sont la Création, et cette Création tu aimeras et tu guideras.

En vérité, je vous le dis, l’Archange Gabriel a pris corps et a annoncé que Dieu a choisi un Guerrier, le Prophète Guillaume, pour être un Gardien de la Création, et qu’en tant qu’Homme, il serait faillible et aurait besoin de Compagnons.

En vérité, je vous le dis, l’Ange annonciateur à transmis aux Hommes un Second commandement :

–Des vices et de la tentation tu te garderas car le Malin les attise pour attirer la Création dans le Chaos et dans les Ténèbres la damner.

Mais en vérité, L’Archange l’a dit, le Roi des Cieux dans son Infini bonté apportera le pardon et le salut de l’âme à toute Créature, même des Ténèbres, qui aura la Foi et se repentira.

En vérité, je vous le dis, le Prophète Guillaume est porteur d’une Nouvelle Alliance entre Dieu et l’ensemble de sa Création. Noël ! Noël !

Amen.

~Évangile selon Mattéo, chapitre 1, verset 1.

Extraits n°10 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Etienne, son époux décédé.

Amerling créé plus de 1000 œuvres, principalement des portraits. Il était le peintre de portrait le plus populaire de la haute aristocratie et la grande bourgeoisie de l'époque Biedermeier. Son style a des points de similitude avec celle d'Ingres, combinant la clarté des contours d'une riche coloration. Le travail de amerling a été exposé à Vienne en 2003. La plupart de son travail reste en Autriche. Friedrich von Amerling (14 avril 1803 à Vienne – 14 janvier 1887 à Vienne) est un portraitiste autrichien. Il fut peintre de la cour de François-Joseph Ier d'Autriche de 1835 à 1880. Avec Ferdinand Georg Waldmüller, c'est l'un des portraitistes autrichiens les plus renommés du xixe siècle.

Jeune fille en mantille d’Amerling

Extraits 10 – Livre 2, chapitre 8 : Caedite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius

[Spin-off Arnaud de Laincourt, chevalier]

Nogaret, Nogaret, Nogaret ! Cet abruti commence à me sortir par les orbites ! Il va mourir s’il continue de s’entêter avec cet honneur stupide. A croire que c’est une malédiction que toute sa famille se traîne. Comme si cela n’avait pas servi de leçon à son aïeul

Calme-toi Laincourt, il ne sait pas tout. Il est en fait juste stupide. Fort heureusement, comme tous les gens d’honneur il est manipulable si on sait lui parler… Si je le mets au défi… 

[…]

Mortecouille ! Il ne mord pas à l’hameçon. Je pense qu’il sait déjà que je suis meilleur que lui et qu’il ne veut pas que les autres le sachent également. Heureusement qu’en Féérie j’ai laissé Diane finir le Troll. Par la malepeste, j’étais bien mal mais j’avais encore suffisamment de lucidité pour cela. Déjà qu’ils se reposent trop sur moi… 

[…]

Diane m’aide. C’est évident qu’elle en pince pour Mattéo mais bon, elle a bon cœur et elle sait que Nogaret est important. Elle détient un levier important sur lui mais elle n’en joue pas. Enfin, n’est pas Winter qui veut. 

[…]

Ha, il cède enfin, pas trop tôt… L’archimage va pouvoir opérer et régler les problèmes causé par Maitre Nicolas. Dieu que son Éminence est clairvoyante. Il avait raison, Triana était bien dans la région. Enfin s’il avait su pourquoi, Chalon aurait grouillé de Sœur, ce n’est ma foi pas plus mal.

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Extraits n°9 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Étienne, son époux décédé.

vermeer-femme-en-bleuFemme en bleu de Vermeer

Extraits 9 – Livre 2, chapitre 7 : « Die hard »

[…] « Vous avez commis une terrible erreur ! Vous allez en payer le prix. » Les mots fielleux de l’elfe noir Ghillain me choquent. Je suis encore très secouée par la vision cauchemardesque que Guillaume a incidemment fait disparaitre. La terreur est bien là, enfouie et prête à déchainer sa purulence à n’importe quel moment. Au fond de moi, je sais que ce n’est pas seulement venette mais aussi prédiction, les desseins des Sœurs de Saint-Loup ne sont pas aussi… limpides qu’elles cherchent à le montrer.

Pourquoi une telle hargne chez ce manant ? N’est-il point capable de reconnaître un acte noble et non prémédité quand il en voit un ? Devrai-je penser que son corps sans défaut abrite une âme vile et corrompue ? Peste, c’est vrai, ils n’ont pas d’âme et ne sont guidés que par leurs pulsions et leur envie du moment. Alors, je le plains de n’avoir à se contenter que de miasmes.

[…] Le temps presse. La forêt de ronces bouge d’elle-même lentement et commence à se refermer sur nous. L’éternel clair-obscur qui règne ici devient encore plus glauque. Des formes humanoïdes menaçantes se rapprochent de la clairière qui devient piège. Je peine à respirer tant l’atmosphère est devenue poisseuse. Au loin, nous entendons les hurlements mortifères des molosses des ténèbres. Par Sainte Barbe, ils sont plus d’une dizaine ! Je perçois la mâchoire des Parques commencer à m’enserrer le cœur.

Mure de ronces 1« Ne restons pas là ! Faisons retraite. Mène nous jusqu’au pont, Walburge ! » La voix de Guillaume est sensuelle et impérieuse. François se lance en avant d’un mouvement puissant et fluide et, tel Samson, il écarte les ronces comme si elles n’étaient que fétus de paille.

« Allez-y Diane, je veille sur vous. » Le murmure caressant de Mattéo m’aiguillonne et me sort de ma torpeur. Mais mes jambes sont terriblement lourdes et je lutte pour avancer. Guillaume me saisit d’une poigne autoritaire. Il est brûlant comme s’il avait la fièvre, et cela éveille mes sens, me donnant quelques forces.

Ghillain Bête-sombre tire son épée et s’avance, la mine assassine. Arnaud décide de lui faire face afin de protéger notre retraite, son visage délicieusement languide s’auréolant d’un martial courage.

« Arnaud, repliez-vous ! Mousquetaire, c’est un ordre ! » Le ton de Guillaume est sans appel et claque comme un fouet de soie. Arnaud obtempère. Mais où est donc passé Monseigneur ?

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Extraits n°8 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Étienne, son époux décédé.

Vermeer, La Maîtresse et la servanteLa Maîtresse et la servante de Vermeer

Extraits 8 – Livre 2, chapitre 6 : Piège de ronces

[…] Nous décidons de partir en Arcadie négocier avec les Faes. Les troupes ne sont pas enchantées… Monseigneur nous affirme que nos âmes ne risquent rien à traiter avec les Faes puisque celles-ci font partie de l’œuvre de Dieu, même si elles ne le réalisent pas. Mattéo, le plus sage et le plus ouvert d’entre nous, reconnait que si ce chemin n’est pas le plus digne, il peut nous permettre plus facilement d’atteindre nos objectifs, en particulier la paix. Car si le titan se réveillait complètement, la lignée pervertie des Habsbourg se mettrait à son service et notre pays connaîtrait une période de grands troubles et d’immenses malheurs. Arnaud n’est pas très inspiré par l’idée, mais c’est un mousquetaire. Guillaume est le plus réticent, car il craint que le Célestis qu’il porte dignement ne nous mène au malheur. François le demi-Fae est curieusement peu confiant, mais je gage que c’est la modestie naturelle de son innocence qui parle. En ce qui me concerne… l’idée de négocier avec un roi dont nous venons de massacrer un important sujet me parait folle, mais je brule d’en savoir plus.

[…] Les recommandations de François n’ont pas contribué à nous réconforter. Nous ne pouvons pas leur faire confiance et ne devons accepter de cadeaux. En aucun cas. Et nous allons entrer dans le domaine du Roi fou, la Cour des ombres ou des ténèbres des Faes. Je ne trouve cela guère rassurant. Espérons que ces créatures comprennent qu’elles n’ont d’autre choix que de négocier avec nous, et que nous massacrer équivaudrait à leur suicide. Si ce qui nous a été dit sur le titan est vrai…

[…] Ghillain est notre émissaire. Richard Je-ne-pense-qu’à-moi nous a fourni une pièce de « vif-argent », de l’argent alchimique à l’état naturel selon lui, qui nous servira d’ancre. Il protègera un des deux derniers autels intacts en l’absence de Ghillain, son protecteur.

Nous passons sous le pont et, grâce à François, prenons pied en Arcadie.

Un seul mot : sinistre.

Une nuit étoilée lugubre, les arbres remplacés par des ronces géantes, une sensation de peur filtrant de la terre elle-même… le voyage promet d’être long. François s’est métamorphosé et, non content d’avoir la peau bleue, a pris une taille de géant. Notre émissaire est devenu une créature à la peau noire et oreilles pointues. La marche promet d’être rude car nous allons devoir passer des épreuves où il faut « démontrer notre courage » en affrontant nos plus grandes peurs. Ces peurs ne sont que le produit de notre esprit, mais ici, elles peuvent nous tuer.

J’ai du mal à percevoir l’intérêt d’une telle épreuve, je n’ai nul besoin de mesurer mon courage et si ces épreuves peuvent nous détruire, alors elles peuvent mener à la destruction de ce royaume. Ce roi est vraiment fou.

[…] La première épreuve est pour Monseigneur. Dans une clairière, un homme au visage entièrement pourri nous fait face. Il porte un costume très étrange, mais ce n’est pas la première chose qui nous marque, a contrario des vers qui le rongent. C’est une liche, nous apprend Monseigneur, et son père. Du moins, c’est une illusion, mais elle parait tellement réelle. Monseigneur, par humilité, choisit de l’affronter seul dans un certamen. Le duel magique est très rapide. Monseigneur est blessé, mais il fait « appel à la lune » et redonne la vie à ce qui n’est ni mort ni vivant, gagnant ainsi le duel.

Terry Taylor peinture-C2-9177La liche (Terry Taylor)

Une chose me trouble beaucoup. En faisant appel à la lune, les habits de Monseigneur se sont transformés et son étole, insigne sacré de sa fonction, est tombée puis s’est faite dévorée par la terre. Monseigneur n’en a pas paru affecté et cela me gêne profondément. J’espère qu’il n’a pas commis le pire.

[…] La deuxième épreuve… par tous les Saints, elle est pour moi. J’ai beau savoir que c’est une illusion nourrie de mes peurs les plus profondes, j’en suis totalement mortifiée. À la peur se mêle une immense souffrance. Comment peut-on être aussi sadique et se proclamer civilisé ? Je vois nos terres, notre ville, le manoir de nos amours ravagés par les flammes et la ruine. Je vois votre tombe profanée, les cadavres de nos deux derniers, Athénaïs et Eudes et, trônant au milieu de ce carnage, notre aimée Blanche en exécutrice des Sœurs de Saint-Loup. Son regard est fou et elle annonce qu’elle va me tuer. Elle saisit l’épée plantée dans le corps encore chaud de son frère. Se tournant vers une autre de ces folles de Sœurs, elle l’appelle « mère ».

childhood_lost12Enfance perdue de Crisp

Ma plaie à l’âme est abominable, je pleure toutes les larmes de mon corps. Je ne sais plus si c’est illusion, réalité ou prophétie. Blanche s’approche pour m’exécuter. Comment pourrai-je porter la main sur ma fille ? Il n’y a de pire crime que de tuer son enfant, le faire serait me percer directement le cœur et briser mon âme.

Vous m’avez dit que si Blanche a la moitié de mon caractère, elle saura résister aux Sœurs. Je n’ai jamais trop compris ce que vous insinuiez mais cela semble si réel, la douleur est si intense. Que faire ? Je ne pense qu’à vous, mon Aimé. J’ai besoin de vous. Venez à moi en ce moment si sombre.

[…] Guillaume, Mattéo et Arnaud s’interposent, les autres ne pouvant intervenir directement. Le combat s’engage. Malgré tous leurs talents, mes amis peinent à se défendre face à notre Blanche dont les prouesses sont inhumaines.

Je marche comme un zombie vers votre tombe. Venez à moi, mon Aimé, nous devons illuminer l’esprit corrompu de notre enfant.

À un moment, je vois Blanche me porter le coup fatidique. Les secondes deviennent des heures. Je suis incapable de me défendre. Mattéo essaye de s’interposer mais il parait tellement lent. Guillaume se fend d’une passe désespérée : il n’a que deux choix, tuer Blanche ou la laisser m’abattre. Les deux solutions sont mauvaises, elles me tueront toutes deux.

Guillaume s’illumine et sa lame parvient in extrémis à détourner celle de Blanche dans un mouvement impossible. Et soudainement la scène disparait. Aux yeux de Guillaume, je vois qu’il est aussi surpris que moi de ce qu’il vient de faire.

Cette lumière vient de son Célestis, ce qu’il ne devait surtout pas faire d’après les « règles faeriques ». Mais je ne saurais aucunement lui en vouloir, ce Roi fou peut nous martyriser mais il ne peut pas changer ce que nous sommes. Le geste et le pouvoir de Guillaume viennent de son cœur et de son âme, et il a trouvé, tel Alexandre le Grand, une solution là où il n’y en avait pas. Il faudrait être un monstre pour lui en vouloir.

[…] « Vous avez triché. » dénonce Monseigneur. De quel côté êtes-vous, Monsieur de Romain de Dieu ? Nous ne trichons pas si le jeu est pervers et si nos actes reflètent la pureté de notre âme.

Ghillain l’elfe noir se retourne haineux vers nous. « Ils arrivent. »

Sont-ils fous, maléfiques ou simplement crétins ?

S’ils nous massacrent, qu’arrivera-t-il ? Entre un prêtre qui n’a rien fait sauf de détruire des autels païens, ce qui n’est absolument pas un crime, et des êtres qui massacrent en toute impunité des innocents et des mousquetaires noirs, je ne suis pas sûre que nos successeurs prennent le même risque que nous. Et je suis sûre qu’ils seront séduits par les propos du titan. Quelle crédibilité notre mort apportera-t-elle à la cause des Faes ? Le roi est-il si fou qu’il soit prêt à ce que son pays ne soit plus que désolation ? Que les rares survivants mâles finissent dans des cages et leurs filles en esclaves sexuelles ? Tout cela pour un jeu sadique ?

Au loin, nous entendons le hurlement d’outre-tombe des molosses royaux.

Extraits n°7 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Étienne, son époux décédé.

Jean-Raoux-Jeune-fille-lisant-une-lettre-de-Jean-Raoux-huile-sur-toile-99-x-84-cm-fin-du-XVIIe-siècleJeune fille lisant une lettre, Jean Raoux

Extraits 7 – Livre 2, chapitre 5 : Richard Cœur-de-Lui-même

[…] J’essaye péniblement de concentrer mes mousquetaires sur notre prochaine action. C’est qu’ils peuvent être dissipés, les bougres ! Sans doute la fonction joue sur leur humeur car ils ne cessent de s’envoyer des piques et autres remarques assassines. L’ambiance reste courtoise néanmoins, et je leur suis grée de leur tenue.

Il est sûr que le sujet n’est pas facile, car il implique de porter crédits aux élucubrations de ces animaux. Vous me diriez, mon Aimé, qu’il faut faire preuve d’ouverture d’esprit et que, parfois, il faut prendre des chemins de traverse. Certes. Mais quand ces païens jugent que la meilleure méthode de résoudre l’affaire, c’est de massacrer l’intégralité du village, nous avons plus de difficultés à nous mettre d’accord.

Parbleu, une missive nous parvient ! C’en est fini de ma belle unité.

Un certain Richard nous convie à un rendez-vous à l’auberge du Pain noir. Ni une ni deux, nos vaillants mousquetaires y vont de concert à l’instant. Palsembleu ! Ces mousquetaires gouailleurs sont vraiment des enfants ! À la moindre perturbation, ils se déconcentrent et papillonnent. J’aurais du mettre un corsage à gorge très profonde, ils n’auraient rien écouté mais au moins ils seraient restés concentrés.

[…] Un mot sur l’auberge du Pain noir. C’est le lieu de perdition qu’a choisi François. La nourriture est bonne, le vin aimable et les chambres confortables et sans vermine. Sans doute la meilleure auberge de Chalon, on peut faire confiance au ventre du Sanglier.

Le seul point qui me dérange, c’est que le propriétaire possède aussi le lieu de rendez-vous galant, à défaut d’être courtois, sis à quelques maisons de l’auberge. Et que certaines des femmes travaillent aussi à l’auberge.

Je peux admettre que de tels endroits existent, mais ce que je ne comprends pas, c’est que les mousquetaires puissent les utiliser. Ce sont des bels hommes, bien bâtis, de qualité, alors pourquoi recourir à de tels services ? Si le besoin s’en faisait sentir, il ne me viendrait pas à l’esprit de payer un mâle pour me besogner. Ont-elles, ou ils, une saveur que j’ignore ?

Sans pour autant sauter sur tout ce qui a le téton rose et la fesse dodue comme le fait Guillaume, je ne crois pas que François fasse fuir la gueuze. Alors, pourquoi la payer ?

[…] L’homme qui nous reçoit est d’un âge de sagesse, le corps encore bien entretenu et assez massif. Un peu dans votre genre, mon Aimé, à la différence qu’il n’a ni votre charme ni votre élégance. Pour être franche, son air hautain et son comportement m’ont immédiatement fait penser à un vieux beau. Il ne faut pas se fier à sa première impression, mais celle-ci était prophétique. La bougie avait baissé à peine d’un demi ongle que j’avais déjà une furieuse envie de le gifler.

8jeromeL’archimage Richard Triana (Saint Jérôme par Dürer)

Suffisant, hautain, puant et profondément imbu de lui-même sont les termes qui me viennent à l’esprit quand je pense, malheureusement, à lui.

Il s’avère que c’est aussi un archimage puissant et il prétend être Richard Triana, le fondateur de la maison du même nom, une maison de mages faisant partie de l’ancien ordre d’Hermès. Vu que sa maison a été détruite vers 1300, je devrais manifester du respect ne serait-ce que pour son âge, mais quand je le compare à vous, mon Aimé… Vous jouiez sans doute dans la même cour que lui, et je n’ai pourtant jamais senti le poids de mon innocence.

[…] Je souffre à l’écouter et consacre l’essentiel de mon énergie à faire bonne figure. Il le faut. Richard a remarqué aussi quelque chose en dessous de l’église de Cul-en-fosses. Il nous dit que la meilleure des méthodes est de restaurer les autels païens brisés, ce qui affaiblira le Premier-né de Gaïa, appelé aussi titan, et à la fin le replongera dans le sommeil. Et les habitants seront naturellement libérés. Le souci est que pour restaurer les autels, il faut un « théurge païen » (chez les change-formes) et surtout les informations dont seuls les Faes disposent. Arcadie, la terre d’une cour de l’ombre des Faes, est un endroit dangereux, mais Richard peut nous fournir une « ancre magique » qui nous préservera de l’effet néfaste du temps des Faes.

 

[…] Pour le reste, nous avons eu droit à un ramassis de billevesées sur la « vrai théologie » et comme quoi il y aurait trois dieux Luna, Hélios et Gaïa, et bla et bla et bla… Richard se prétend même prêtre de Luna, ce qui lui a donné grande longévité. Ah, ces païens ! Sans doute fait-il la confusion avec des esprits majeurs ou des célestes. Ce que j’en retiens, c’est que l’alchimie serait liée à Hélios et au soleil. Cela mérite une petite expérience avec de grandes loupes afin d’amener la lumière du soleil dans mon laboratoire.

Extraits n°6 du journal intime de Diane Esther de Bézun, Livre II

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Extraits de courriers adressés à Gontran-Étienne, son époux décédé.

xcropped-f_001aExtraits 5 – Livre 2, chapitre 4 : Un Monseigneur qui pleure suivi d’un prêtre qui rit

[…] « Y’AI ‘NG’NGAH, YOG-SOTHOTH H’EE-L’GEB F’AI THRODOG UAAAH. OGTHROD AI’F GEB’L-EE’H YOG-SOTHOTH ‘NGAH’NG AI’Y ZHRO »

Arnaud regarde horrifié la scène. Monseigneur est nu au centre d’un pentacle, en train d’incanter des phrases que nul être humain ne pourrait prononcer. Il s’agite suivant les pas d’une espèce de danse grotesque, tenant dans son seul bras valide le reste de son membre arraché. Face à lui, dans le pentacle, se trouve un groupe de chèvres bêlant de terreur. Tel un démoniste rompu, il prend régulièrement une des pauvres chèvres qu’il égorge de ses dents et s’en asperge goulument le corps de leur sang frémissant.

Arnaud ne sait que faire. Doit-il laisser faire ou pourfendre ce diable rouge et fumant ? Il ne cesse de se répéter que Monseigneur est aussi un mousquetaire, mais la scène lui donne la nausée.

Quand, au bout d’un moment, il voit des filaments sortir du bras coupé et, telles des tentacules sanguinolentes, s’accrocher au moignon de Monseigneur afin de se recoller, c’en est trop. En même temps que le bruit de succion écœurant issu de cette magie impie, Arnaud vomit le reste de sa bile.

regeneration bras vinciLa régénération du bras de Monseigneur (Vinci).

Je ne sais pas ce qui m’horrifie le plus, ce rite barbare épouvantable ou de voir Monseigneur nu… En tout cas, je suis très curieuse d’entendre les explications de Monseigneur. Cela va être épique.

[…] Ah oui, mon Aimé, une anecdote croustillante sur Monseigneur pour vous mettre en appétit. Arnaud nous a dit que quand Monseigneur est allé chercher les chèvres, il a pris un temps infini à négocier les animaux, sachant qu’il était au plus mal avec son bras arraché… Quel fesse-mathieu !!! Ne se rend-t-il pas compte que ce pauvre hère n’a que cela pour vivre ?

Surtout que ces animaux étaient destinés à une fin abominable.

[…] Notre évêque nous a sorti le grand jeu. Il a confirmé son talent à manipuler les émotions. Je ne saurai vous le reproduire avec la même verve, mais nous avons eu droit au spectacle de la triste enfance du petit Romain de Dieu. Pour faire court, le petit Romain a vécu une enfance malheureuse avec son père et grand-père, tous deux violents et méchants. Ces derniers, obsédés par la mort et l’immortalité, se destinent à devenir des liches. Comme ils ont l’instinct paternel très poussé, ils ont aussi formé leur cher bambin martyrisé au « noble art » de la nécromancie. Mais le petit Romain était très malheureux, alors, une fois qu’il eut fini d’être bien formé, il s’enfuya du domaine familial, rencontra Dieu et vola toute la fortune de ses adorables géniteurs.

Cela ne parait pas, mais quand c’est dit par Monseigneur, l’histoire tient de la tragédie grecque, et il nous arracherait presque des larmes.

Presque.

Je dois dire que c’est surtout un vague sentiment de dégoût qui domine mes émotions. Il doit exister d’autre façon de pratiquer la nécromancie que celle utilisée par les liches, je suppose. Et puis, je trouve que Monseigneur, au vu de la rondeur de ses joues, s’est bien remis de ses émotions. Hum… Je n’ai pas osé lui dire, mais Monseigneur devrait retirer ses bijoux avant de se lancer dans de tels discours, l’éclat des rubis à tendance à écorner la crédibilité de ses propos. Et lancer « Je tuerai mon père ! » est une malhabile conclusion.

Passons.

Les voies de Monseigneur sont manifestement peu compréhensibles.

[…] Nous enquêtons sur la deuxième zone des meurtres, celle qui semble impliquer des change-formes. Nous rencontrons Ghillain, un varigal peu amène habillé de peaux de bêtes, qui disposerait d’une bonne connaissance des fées. Il nous dit que le prêtre du village de Cul-en-fosses a voulu combattre l’influence du « pont » (celui de notre bataille) qu’il considère comme maléfique, et pour cela a fait détruire les autels païens de la forêt, provoquant ainsi la colère des Fées, ou Faes. D’où le molosse royal, créature uniquement envoyée par le roi des Faes. Il semble que l’affaire est plus grave que nous ne le pensions.

[…] Nous recevons enfin le chargement d’armes en argent alchimique livré par vouivre. Le dragonnier nous indique que sa vouivre a été perturbée par un village que nous identifions comme Cul-en-fosses. Il devient vital de s’y rendre.

J’ai eu une sensation extrêmement étrange en pénétrant ce village de 300 âmes : je me sentais forte et puissante, la meilleure pour dire vrai, comme si mon cœur n’était qu’orgueil. C’était très déstabilisant. L’église elle-même rayonne de puissance, semblable à un lieu de pouvoir. Ma perception est si nette que je ne comprends pas que d’autres ne l’ai pas remarqué avant, le village n’étant pas isolé ou difficile d’accès.

Le plus étrange reste cependant notre rencontre avec le prêtre, le père Berthon. Quand je le vois, je ne peux ignorer sa présence et son charisme, tellement puissant que je sens presque la chaleur du rayonnement sur ma peau. Et quand il parle… sa voix charnue me fait frissonner jusqu’au bas du ventre.

La conversation est elle-même assez étrange. Le père Berthon évoque la visitation d’un Saint, mais ne précise pas lequel et son discours est empli d’une espèce de fureur fanatique. Il lancerait à ce moment-là un appel à la croisade que cela ne me choquerait pas.

Mattéo parait fasciné par les propos du prêtre Berthon. Il me fait peur. Enfin, pour être exacte, les deux me font peur. Mattéo est parfois très… disons orthodoxe dans ses pratiques, mais je crains qu’il ne soit fasciné par le fanatisme guerrier de son interlocuteur. Mattéo, reprends toi ! Tu n’es que douceur et tolérance, je le sais !

191 - Jesus Drives Out DemonsLe père Berthon, visité par un saint ou possédé par un démon ?

[…] La conversation ne tarde pas à déraper. François, incapable de contenir son esprit frondeur, ne peut s’empêcher de placer ses blasphèmes coutumiers. François peut parfois être très agaçant, surtout quand il parle de religion et assène ses inepties dénuées de sens. Je prie très fort pour lui et son âme tourmentée, même si je sais que cela n’est pas forcément nécessaire, les âmes simples ont toujours une entrée au Paradis.

Par contre, le père Berthon n’a pas la tempérance comme qualité et assène sèchement un ordre de départ au blasphémateur qui, de façon surprenante, obtempère de suite.

Le ton monte ensuite très vite avec Guillaume. Et là… en levant juste un doigt négligent, il propulse hors l’église notre Guillaume. Sans même incanter. C’est le signe du Démon !!! J’ai très peur, mais je fais bonne figure jusqu’à ce que je réussisse à entrainer Mattéo loin de cette… chose.

Le pauvre Guillaume, blessé, nous dira par la suite qu’il a vu un être « posséder » le père Berthon et que cet être possède une puissance prodigieuse.

[…] Le varigal nous fait rencontrer trois change-formes lors d’une assemblée secrète. Ils sont venus avec un sac sur la tête. Je n’ai rien contre ces animaux, car ils sont créatures de Dieu, mais venir masqués n’est pas bon signe, cela indique qu’ils sont coupables. Soit. Nous avons besoin d’informations, alors pour le moment nous ne les chasserons pas.

loup-garou-peintureLes change-formes

Ils nous indiquent que ce sont effectivement eux qui sont responsable d’une partie des meurtres, ceux de la deuxième zone. Ils l’ont fait sous les ordres de Baeld, le leprechaun gardien du pont, un être de grand savoir et de grande sagesse… que nous avons tué… Hum, si c’est cela, la sagesse des Faes, il faut s’attendre au pire.

L’être qu’a aperçu Guillaume est un être incommensurablement puissant et extrêmement âgé : il serait « un premier né de Gaïa », un maître des dragons, un être tout puissant antérieur à l’homme qui a eu tous les bienfaits. Il y a fort fort longtemps, manipulés par « l’esprit du Chaos », ces êtres se sont entretués, puis les dragons se sont rebellés contre eux. Cet être qui a chuté a été enfermé et mis en sommeil par la magie des Faes.

Je ne sais que penser de cette mythologie païenne, mais par expérience je sais que dans tout mensonge, il y a toujours une part de vérité.

Les hommes qu’ils ont massacrés étaient des « envoyés » de l’être qui contrôle le père Berthon. Soit. Est-ce que cela justifie leur crime odieux ? Nécessité fait force loi, dit-on, mais ces animaux devraient avoir un berger pour les guider et leur rappeler que la seule justice valable est celle de notre bon Roi bien aimé.